Petit-déjeuner des médias avec des parlementaires

impressum a consacré le traditionnel petit-déjeuner de la session du 31 mai aux droits voisins. Partisans et opposants se sont exprimés. La conviction fondamentale que les journalistes doivent participer aux bénéfices que les géants de l'Internet réalisent grâce à leur travail continue de marquer la position d'impressum.

Malgré l'heure matinale, le thème un peu technique et la concurrence de plusieurs autres manifestations pour les parlementaires, une bonne dizaine d'entre eux ont participé à la discussion sur le droit voisin. impressum a invité Martina Huber, membre du comité central et présidente de l'AG Freie Deutschschweiz, Nicole Pfister Fetz, directrice de l'Association des autrices et auteurs de Suisse A*ds, ainsi que Min Li Marti, conseillère nationale et éditrice de «P.S.», comme expertes.

Le projet de consultation sur la révision de la loi sur le droit d'auteur venait d'être publié, ce qui permettait de mener la discussion sur la base d'un projet concret. Le fait que le projet profite des expériences d'autres pays européens, dans la mesure où il ne contient ni interdictions ni «impôt sur les liens» et qu'il accorde une place proportionnellement plus importante aux petits éditeurs, a été généralement bien accueilli. Néanmoins, certains participants sont restés sceptiques, comme Min Li Marti notamment. Elle ne s'attend pas à ce que le droit voisin apporte une valeur ajoutée significative aux petits éditeurs et craint plutôt que Google ne réduise la diffusion du journalisme.

Nicole Pfister Fetz s'est en revanche exprimée de manière positive. Bien que les auteurs de livres ne profitent pas pour l'instant de ce droit voisin, elle est favorable à son introduction par le biais d'un droit légal à la rémunération. Les bonnes expériences faites en Suisse avec ce modèle montrent que des négociations directes entre les représentants des utilisateurs et des auteurs ou des fournisseurs de prestations aboutissent à des clés de répartition constructives et reconnues, qui conduisent à plus d'équité pour les auteurs.

Pour Martina Huber, la perspective que le droit voisin puisse générer un revenu supplémentaire pour les journalistes indépendants sans restreindre la liberté sur Internet est déterminante. Cette idée a été bien accueillie par de nombreux politiciens présents. Toutefois, ce revenu supplémentaire ne peut remplacer un renforcement de l'aide aux médias, ni par son ampleur, ni par son objectif. Les participants reconnaissent que le débat politique sur le soutien aux médias ne doit pas être retardé. Les entreprises de médias doivent, quant à elles, investir dans le journalisme et le définir comme but prioritaire entrepreneurial.

A l'issue de la discussion, impressum reste convaincu que le droit voisin est une chance qu'il faut saisir. Les expériences positives faites jusqu'ici avec la gestion collective des droits d'auteur donnent confiance dans le fait que le droit à rémunération vis-à-vis des grandes plateformes fonctionnera. La discussion avec les parlementaires a renforcé la conviction fondamentale que les journalistes doivent participer aux bénéfices que les plateformes réalisent grâce à leur travail.

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